Compléments


Après avoir présenté les différents composants de l'oeil ainsi que son fonctionnement, nous allons maintenant détailler quelques aspects de l'oeil qui nous permettrons de mieux comprendre les différentes maladies oculaires.


1. L'humeur aqueuse

Nous allons tout d'abord donner des précisions concernant l'humeur aqueuse.


L'humeur aqueuse est donc le liquide qui se trouve entre la cornée et le cristallin. Ce liquide, à faible viscosité, est essentiellement composé d'eau (99,6%), mais aussi de vitamine C, de glucose, d'acide lactique, de Na et de Cl. Elle permet de nourrir la cornée, qui est totalement dépourvue de vaisseaux sanguins. Elle assure aussi l'élimination des déchets ou saletés pouvant se retrouver dans l'oeil. Elle est donc continuellement renouvelée, toutes les deux ou trois heures environ. Enfin, son rôle, tout aussi important que ceux cités précédemment, est de maintenir la pression intra-oculaire, ce qui permet d'assurer le maintien de l'oeil. Son indice de réfraction est 1,337, ce qui est quasiment égal à celui de la cornée.

Elle est fabriquée au niveau du corps ciliaire, zone où le cristallin est rattaché à la choroïde. Elle passe ensuite entre le cristallin et l'iris, au niveau de la pupille, pour se retrouver entre l'iris et la cornée. Là, l'humeur passe par le trabéculum, membrane qui filtre le liquide avant que celui-ci évacue par la veine aqueuse, située en bas et en haut de l'oeil (voir schéma).




2. La macula

La macula est la zone située au centre de la rétine, dans le prolongement de l'axe optique. Elle mesure environ 2mm de diamètre. Cette zone est d'une importance extrême puisqu'elle transmet 90% de l'information lumineuse, traitée ensuite par le cerveau. Elle est très riche en cônes. Notons que la fovéa, zone centrale de la macula, est une zone constituée uniquement de cônes. Plus on s'éloigne de la macula, plus la concentration de cônes diminue. Cela explique que nous voyons moins les couleurs lorsque nous nous éloignons de la vision centrale.

La macula est la zone d'acuité maximale de l'oeil. En effet, les cônes sont peu sensibles à la lumière, mais leur perception des couleurs et des détails est très développée : cela est dû au fait qu'un seul cône transmet son information à plusieurs fibres optiques, et aussi à leur concentration élevée. Ainsi, les cônes sont utiles à la vision de jour.

La fovéa est constituée uniquement de cônes alors que sa périphérie contient des bâtonnets.


3. Le nerf et les cellules optiques


b. Les cellules optiques


Les cônes et les bâtonnets possèdent des pigments (molécules) capables de réagir à certaines longueurs d'onde lumineuses. Ces pigments sont contenus dans des disques empilés comme des pièces de monnaie dans le segment externe où l'on peut en compter environ 1000 par cellule. Les bâtonnets contiennent des pigments appelées rhodopsineLes cônes se différencient par le pigment qu'ils contiennent : l'erythropsine est le pigment contenu dans les cônes sensibles au rouge, la chloropsine dans ceux sensibles au vert, et la cyanopsine dans ceux sensibles au bleu. L'oeil humain percevant la couleur à partir de trois types de cônes, ont dit qu'il est trichromate.


Cônes et bâtonnets sont implantés dans la rétine. Composition.


Les pigments de chaque photorécepteur sont composés de deux molécules : le rétinal et l'opsine. Il existe quatre sortes d'opsine, une pour les bâtonnets, et une pour chaque type de cône.


Lorsque les pigments (rhodopsine, érythropsine, chloropsine ou cyanopsine) reçoivent des photons (particules de lumière), le rétinal change de forme, et se sépare de l'opsine. On nomme cette réaction la décoloration du pigment. Cette décoloration amorce une série de réactions chimiques qui transforment le stimulus lumineux en activité électrique (ou influx nerveux).

L’influx nerveux est alors transporté par les axones du nerf optique jusqu’aux zones du cerveau impliquées dans la vision.


a. Pigment avant l'absorption de lumière / b. Pigment après l'absorption de lumière


N.B. Lorsqu'un cône ou un bâtonnet est activé par la lumière, il passe ensuite à un état insensible pendant un certain temps, puis redevient activable. Ces différents temps sont dus aux réactions photo-chimiques entre l'énergie lumineuse et les différents pigments. La durée pendant laquelle le cône (ou bâtonnet) n'est plus sensible à un changement de la lumière est le temps qu'il lui faut pour reconstituer son pigment. Tant que la concentration de pigment dans la cellule n'a pas atteint un certain seuil, le neurone continue d'être stimulé. C'est une partie de l'explication du phénomène de persistance rétinienne, on « voit » des traces lumineuses alors que la lumière s'est arrêtée.



a. Le nerf optique

Les photorécepteurs (cellules sensorielles) situés sur la choroïde sont reliés entre eux par différents types de cellules nerveuses

Des cellules bipolaires relient ces photorécepteurs entre eux, et sont elles mêmes articulées avec des cellules multipolaires (ou ganglionnaires). Nous pouvons ajouter qu'il existe, en plus de ces liaisons linéaires, une connectique transversale assurée par des cellules horizontales. Le traitement de l'information visuelle débute donc dès la rétine.

Les millions d'axones (ou fibres nerveuses) issus des cellules multipolaires forment les fibres nerveuses du nerf optique, qui se collectent au niveau de la papille optique, avant de sortir du globe oculaire.


N.B. La papille optique étant une zone dépourvue de photorécepteurs, celle-ci ne capte pas les informations lumineuses. Nous avons donc une "tâche aveugle" d'environ 1,5 mm, qui est cependant compensée par la vision de l'autre oeil. Elle ne nous gêne donc pas.




4. Le cristallin

Le cristallin est une lentille naturelle de l'oeil. Il s'agit d'une lentille transparente de forme biconvexe souple, composé de fines couches superposées rendant possible la modification de sa courbure. L'indice de réfraction de cristallin peut aller jusqu'à 1,413. 

Il mesure environ 1 cm de diamètre. Il se trouve entre l'iris et l'humeur vitrée à laquelle il adhère totalement par sa face arrière (chez les individus jeunes), adhérence qui diminue avec l’âge. Il est maintenu par des ligaments (zonules de Zinn) qui sont liés aux muscles du corps ciliaire. C'est un organe avasculaire.


Le cristallin est composé, de la périphérie vers le centre : une capsule, puis un cortex et enfin un noyau. 


C'est le corps ciliaire qui modifie ainsi la courbure du cristallin et permet donc la mise au point d'une image sur la rétine (on appelle cette mise au point l'accommodation). Cependant, il est possible de voir sans cristallin. En effet, sans cristallin, l'oeil voit mais il n'est plus capable de s'adapter à l'image en fonction de son éloignement : l'image se forme alors en avant ou en arrière de la rétine, mais plus exactement dessus. La vision est alors floue.

La courbure et l'épaisseur du cristallin varient en fonction de la distance à l'objet.


Le cristallin, à la naissance ou par la suite, peut présenter diverses pathologies. En voici quelques exemples :  

  • Le terme aphakie (du grec a privatif) désigne l'absence de cristallin à la suite d'une intervention chirurgicale ou d'un traumatisme.
  • Le terme pseudophakie (du grec pseudês : faux) désigne un oeil à l'intérieur duquel on a remplacé le cristallin pathologique (malade) par une lentille artificielle ou bien un implant cristallinien. 
  • Le terme microphakie (du grec mikros : petit) désigne une taille anormalement petite du cristallin. 
  • Le terme sphérophakie (issu du grec sphaïros : sphérique) désigne un cristallin ayant un aspect sphérique.
  • La phacomalacie (du grec malakos : mou) désigne le ramollissement du cristallin.






 

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