Qu'est ce que la rétinopathie diabétique ?


1. Le diabète

Afin d'expliquer la maladie oculaire « rétinopathie diabétique », il est indispensable d'évoquer certaines informations sur la maladie initiale. Le diabète est une maladie chronique, due à une carence ou à une mauvaise utilisation de l'insuline, une hormone produite par le pancréas, qui diminue la glycémie, c'est-à-dire le taux de glucose (sucre simple) dans le sang. On distingue deux types de diabète : 

  • Le diabète de type 1 : il est caractérisé par une production insuffisante d'insuline par le pancréas. Celui-ci nécessite donc une administration quotidienne d'insuline.
  • Le diabète de type 2 : c'est le plus fréquent (90 % des diabétiques). Il résulte d'une mauvaise utilisation de l'insuline par l'organisme. Il est le plus souvent provoqué par une surcharge pondérale. 

2. La rétinopathie diabétique 
 
Lors de la rétinopathie diabétique, l'excès de sucre dans le sang altère la paroi des vaisseaux. Alors que ceux-ci sont normalement étanches, leur paroi devient perméable, et laisse ainsi s'échapper du sang ou du plasma sanguin. Ces hémorragies perturbent alors le fonctionnement des cellules sensorielles de la rétine, ce qui entraîne une baisse de l'acuité visuelle. Par la suite, les capillaires rétiniens peuvent se boucher ce qui va provoquer une ischémie rétinienne. Cette diminution de l'apport sanguin va entraîner la création de néo-vaisseaux, mais très fragiles, et tout aussi perméables. A un stade avancé de rétinopathie diabétique, on observe donc une multiplication de néo-vaisseaux, d'hémorragies, ou encore de micro-anévrismes dans la rétine.


Il existe différents stades de rétinopathie diabétique : 

  • La rétinopathie non proliférante minime : présence de quelques micro-anévrismes et de quelques micro-hémorragies.
  • La rétinopathie non proliférante modérée : présence de nombreux micro-anévrismes, d'hémorragies punctiformes, d'exsudats et de nodules, ainsi que de petits territoires d'ischémie.
  • La rétinopathie préproliférante : vastes territoires d'ischémie, nombreuses hémorragies étendues, toujours accompagnées d'exsudats, de nodules et de micro-anévrismes.
  • La rétinopathie proliférante modérée : présence de néo-vaisseaux rétiniens et de néo-vaisseaux papillaires.
  • La rétinopathie proliférante sévère : présence de nombreux néo-vaisseaux rétiniens et papillaires.
  • La rétinopathie proliférante compliquée : hémorragie du vitré, décollement de la rétine, glaucome néovasculaire.
Si aucun traitement n'a été effectué, la maladie peut évoluer vers un oedème maculaire ou une maculopathie ischémique, qui touchent la macula et empêchent ainsi la vision centrale de fonctionner.




Le début de la rétinopathie diabétique : la rétinopathie non proliférante minime.



Une rétinopathie diabétique avancée : la rétinopathie proliférante à un stade sévère voire compliqué.


3. Diagnostic 

La rétinopathie diabétique est une maladie insidieuse. En effet, au début, très peu de symptômes caractéristiques se manifestent. C'est seulement après une longue période d'évolution silencieuse de la maladie que le patient ressent une forte baisse visuelle ; le danger étant que la maladie soit dépistée trop tard.
On ne peut donc pas réellement savoir si on est atteint d'une rétinopathie diabétique. Sa prévention passe par un bon contrôle du diabète, et un suivi ophtalmologique régulier.
Les fonds d'oeil permettent de repérer des signes de la maladie. En effet, on peut y observer les néo-vaisseaux, les micro-anévrismes, ou encore, les hémorragies rétiniennes caractéristiques de la rétinopathie diabétique. Les fonds d'oeil sont des examens permettant d'observer directement l'intérieur du globe oculaire, et en particulier la rétine et la papille optique. Ils sont réalisés avec un ophtalmoscope. Cette technique est donc appelée ophtalmoscopie.



4. Causes et facteurs de risque

On estime qu'environ 40 % des diabétiques sont porteurs d'une rétinopathie, ce qui représenterait environ 1 000 000 patients en France. Il faut distinguer le diabète de type 1 et celui de type 2. En effet, ces deux diabètes ne représentent pas le même facteur de risque pour l'individu.
  • Diabète de type 1 : Au bout d'au moins 20 ans d'évolution du diabète, 90% à 95% des individus présentent une rétinopathie diabétique, dont 40% une rétinopathie diabétique proliférante.
  • Diabète de type 2 : 20 % des diabétiques de type 2 ont une rétinopathie diabétique dès la découverte de leur diabète. Le risque à long terme des diabétiques de type 2 est moins celui d'une rétinopathie proliférante (20 % des patients) que celui d'un oedème maculaire (60 % des patients). 








 

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